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Soudan du Sud : s’engager en faveur de plus d’inclusion

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Prévention | Soudan du Sud | PUBLIÉ LE 20 novembre 2023
Zekia Musa Ahmed à gauche, pendant la conférence sur le planning familial à Pattaya, en Thaïlande. Novembre 2022

Zekia Musa Ahmed à gauche, pendant la conférence sur le planning familial à Pattaya, en Thaïlande. Novembre 2022 | © B. Bringi / HI

Zekia Musa-Ahmed est malvoyante et militante pour les droits des personnes handicapées. Elle raconte son engagement en tant que responsable de l’inclusion au sein du projet WISH au Soudan du Sud.

Zekia a rejoint Handicap International en 2020, en tant que conseillère dans un projet de santé mentale. Depuis septembre 2021, elle est responsable de l’inclusion dans le cadre du projet WISH. Elle-même malvoyante, Zekia connaît les défis auxquels les personnes handicapées font face tous les jours. Elle nous raconte que ce qui l’a motivé à rejoindre les équipes du projet et l’implication directe des personnes handicapées dans son déploiement. Se décrivant comme une militante pour les droits des personnes handicapées, l’inclusion de ces dernières est primordiale pour elle.

L’inclusion au cœur du travail de Zekia

Zekia se charge d’assurer l’inclusion des personnes handicapées pour un meilleur accès aux services de santé sexuelle et reproductive. Ainsi, elle travaille à l’identification des personnes handicapées au sein de la communauté et les oriente vers les services appropriés.

D’autre part, elle identifie les obstacles à l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive que ces membres de la communauté pourraient rencontrer. Ces freins résident souvent dans la perception autour de la planification familiale traditionnelle et moderne. Pour les comprendre, Zekia mène différentes activités de sensibilisation, anime des émissions de radio et des webinaires, des dialogues communautaires et des discussions de groupe...

Ce qu’elle aime le plus dans son travail, c’est la proximité qu’elle a avec la communauté. Elle-même malvoyante et se décrivant comme une militante pour les droits des personnes handicapées, elle prend son rôle très à cœur. Elle souhaite donner une voix à celles et ceux que l’on n’entend pas. Grâce à sa contribution, les personnes handicapées, en particulier les femmes et les filles handicapées, pourront accéder aux services de santé sexuelle et reproductive.

Des défis à relever, mais surtout de grandes réussites

Cependant, Zekia confie que le projet fait tout de même face à quelques défis. Dans les communautés sud-soudanaises, le thème de la sexualité est considéré comme tabou, Il est donc crucial de briser les idées reçues afin de sensibiliser la communauté pour prévenir des accidents.

« Lorsque l’on menait des actions de sensibilisation à propos du planning familial et de la contraception, la communauté ne voulait pas en entendre parler. Les gens pensaient que cela empêcherait peut-être les femmes de donner naissance à des enfants », précise Zekia.

Zekia nous explique aussi que le manque - voire l’inexistence -, d’interprètes en langue des signes dans les établissements de santé rend difficile la transmission d’informations aux personnes malentendantes. Elle souligne également que la plupart des personnes handicapées demandent des dispositifs d’aide à la mobilité et les organisations de jeunes et de femmes attendent un soutien financier pour mettre en œuvre leurs propres activités. La notion d’inclusion est également encore trop méconnue au sein des différentes organisations avec lesquelles elle travaille. Elles ne savent pas comment impliquer les personnes handicapées. Zekia témoigne du fait que la marge de progression est encore grande au Soudan du Sud sur ces sujets, il est nécessaire que les organisations soient formées.

Si elle avait une baguette magique, Zekia ferait en sorte d’améliorer la situation des communautés sud-soudanaises, elle essaierait d’éliminer toutes les barrières et les cultures négatives qui entravent leur socialisation et leur participation à différentes activités. Ces défis ne constituent donc que des perspectives d’améliorations pour le projet.

Zekia note tout de même deux réussites majeures. D’abord, l’autonomisation des personnes souffrant de handicaps visuels, pour qu’elles deviennent elles-mêmes des relais de santé communautaires. Zekia est également ravie de constater qu’au fur et à mesure du déploiement du projet et de sa contribution personnelle, l’attitude négative à l’égard des personnes handicapées aà diminué dans les communautés où les actions du projet WISH ont été menées.

Enfin, Zekia est très fière du travail mené par HI au Soudan du Sud :

« C'est sûr, les mots ne suffisent pas à expliquer ce qu'est HI, parce que HI a vraiment fait beaucoup dans notre pays. Personnellement, j'ai beaucoup profité des résultats des actions du programme, notamment en termes de sensibilisation, de plaidoyer, de formations et, enfin, d’emploi ! Cela montre très clairement que HI ne travaille pas seulement pour aider les personnes handicapées, l’ONG travaille avec ces personnes, c’est une vraie preuve de la démarche d’inclusion. »

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