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Haïti : Eugénie, chassée de chez elle par les gangs, apprend à marcher avec HI

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Réadaptation | Urgence | Haïti | PUBLIÉ LE 20 mars 2026
Portrait en gros plan d'une femme noire assise sur une chaise. Elle regarde la caméra avec une expression contemplative et légèrement attristée.

Chassée de chez elle par la violence des gangs, Eugénie Laventure vit aujourd’hui sur le site de déplacés de KID à Port-au-Prince avec ses quatre enfants. | © T. Noreille / HI

Comme Eugénie, près de 2 millions de personnes ont besoin d’aide à Port-au-Prince. HI les aide à gagner en autonomie grâce à des soins d’urgence.

Tout a changé avec la guerre

Je m’appelle Eugénie Laventure, j’ai 42 ans et j’ai quatre enfants dont je m’occupe seule. Avant, je vivais à Solino, un quartier de Port-au-Prince. Je ne dirais pas que tout était rose, mais j’avais un commerce, une maison, et je me débrouillais.

Quand la guerre est arrivée, les bandits ont mis le feu et ont brûlé mon commerce, ma maison, toutes mes activités. Depuis ce jour, je ne fais plus rien.

Après l’attaque, nous avons même dormi un certain temps dans la rue. C’est une amie qui m’a parlé du site de personnes déplacées de KID dans lequel nous vivons aujourd’hui. Nous nous y sommes installés en novembre 2025.

Nous avons tout perdu et la vie est très difficile

Eugénie Laventure fait des exercices d’assouplissement de sa main avec Gaëlle Charles, kiné de HI. © T. Noreille / HIIci, la vie est dure, très dure. Nous ne vivons pas bien : nous vivons dans un endroit tout petit et comme nous avons dû abandonner presque toutes nos affaires en fuyant la maison, nous n’avons presque plus rien. Ici, il n’y a que quelques sanitaires pour des centaines de personnes et il est difficile de trouver à manger.

Parfois, mes enfants se font maltraiter par des personnes mal intentionnées : il y a peu, un de mes fils a été violemment giflé sans pouvoir se défendre. Comme je ne travaille plus, je ne peux pas payer l’école ou l’université pour leur permettre de continuer leurs études.

Rien de tout cela ne serait arrivé si nous étions encore chez nous. Rien ne serait arrivé sans ce déchaînement de violence qui nous a forcés à partir.

Grâce à l’aide de HI, aujourd’hui, je peux marcher

En arrivant sur ce site, j’ai rencontré Gaëlle et Mario, les kinésithérapeutes de HI. J’ai eu un accident vasculaire cérébral il y a quelques années et depuis lors, j’avais perdu l’usage du côté gauche de mon corps : je ne pouvais pas marcher, me lever ou me laver, ni aller aux toilettes seule.

Grâce aux séances de thérapie avec Gaëlle et Mario et aux exercices qu’ils m’ont fait faire, j’ai réalisé de grands progrès : je marche sans béquilles, je peux ouvrir la main et faire de petits mouvements. Tout ce qui m’était impossible avant, comme me laver seule, m’est désormais possible. C’est un vrai changement et un vrai soulagement !

Je remercie beaucoup HI, que Dieu protège toujours Gaëlle et Mario dans leur travail, chez eux et sur la route. Maintenant, je rêve de pouvoir ouvrir de nouveau un commerce, pour pouvoir aider mes enfants.

Le projet Urgence en Réadaptation POst-Traumatique (URPOST) est déployé sur cinq sites de personnes déplacées à Port-au-Prince. Il a pour objectif d’améliorer l’accès aux soins et la prise en charge en réadaptation de patients, pour réduire les souffrances et les effets secondaires des blessures et prévenir toute forme de handicap à long terme, ainsi que de réduire les séquelles liées à des trauma pour les survivantes de violences sexistes et sexuelles. Lancé en août 2024, le projet a déjà permis d’accompagner plus de 1 500 patientes et patients en réadaptation, dont 152 ont reçu une aide à la mobilité (béquilles, cannes, fauteuils roulants…). De plus, 95 survivantes de violences ont bénéficié de services de protection et 41 kits de dignité ont été distribués. HI a également réalisé des formations pour d’autres acteurs humanitaires afin d'encourager la prise en compte des femmes et des filles en situation de handicap dans les réponses apportées.

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