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À 99 ans, Léo, déplacé par la guerre remarche à nouveau

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Réadaptation | Urgence | République démocratique du Congo | PUBLIÉ LE 4 mai 2026
Une personne avance sur un chemin en terre en s’appuyant sur deux longues béquilles en bois, placées de chaque côté du corps. La personne porte une veste, une chemise en rayure, un pantalon et des bottes en caoutchouc vertes, ainsi qu’un chapeau. Le chemin traverse un environnement bordé d’arbres et de plantes. Sur le côté gauche de l’image, un véhicule blanc est partiellement visible, stationné le long du chemin. En arrière-plan, une autre personne est visible derrière la personne.

Léo Kuvirhe apprend à utiliser les béquilles sous l’assistance de la Kiné. | © Ogala Company / HI

Léo Kuvirhe, 99 ans a fui les violences dans l’est de la RDC pour trouver refuge à Kitshanga. Grâce au soutien de HI, il a retrouvé sa mobilité et son autonomie.

Fuir la guerre et survivre 

Léo Kuvirhe, âgé de 99 ans, est originaire de Tchahemba, en République Démocratique du Congo. Comme de nombreuses personnes vivant dans le Nord-Kivu, il a été contraint de fuir son village en raison des affrontements entre groupes armés. Il s’est réfugié à Kitshanga, laissant derrière lui une vie construite au fil des années. 

À son arrivée, sa situation est particulièrement difficile. Son âge avancé, combiné aux violences subies et au déplacement, a gravement affecté sa mobilité. Il avait des grandes difficultés à se déplacer et ne parvenait plus à se tenir debout. 

« Je marchais en m’appuyant sur mes fesses », confie-t-il. 

Cette perte de mobilité le rend entièrement dépendant des autres et l’empêche de participer aux activités essentielles du quotidien, comme se rendre aux champs. 

Aujourd’hui, il ne lui reste qu’un seul fils, qui ne dispose pas des moyens nécessaires pour lui venir en aide. Les autres ont été tués lors de la guerre. Il vit avec sa femme, qui assure les besoins de subsistance de la famille en cultivant des légumes. 

Un accompagnement progressif pour se relever 

Dans le cadre d’un projet mis en œuvre par HI dans le Nord-Kivu, les équipes interviennent directement auprès des personnes les plus vulnérables. Identifié par les relais communautaires, des habitants et habitantes formés par HI, Léo a bénéficié d’une visite à domicile de kinés de HI qui ont évalué ses besoins. 

Il a ainsi commencé à recevoir des soins de réadaptation, accompagnés d’un suivi régulier et adapté à ses besoins. 

Au fil du temps, grâce à ces exercices réguliers, son état de santé s’est beaucoup amélioré. Par la suite, il a reçu des béquilles ainsi qu’un accompagnement pour apprendre à les utiliser correctement afin d’améliorer sa mobilité. Grâce à ce soutien, il a pu se remettre debout et retrouver une certaine autonomie dans ses déplacements. Il peut désormais se rendre lui-même, de façon régulière, au centre de santé de HI pour poursuivre ses séances de rééducation. 

« Aujourd’hui, je me déplace. Je peux aller là où je veux », raconte-t-il. 

De patient à point relais dans la communauté 

Désormais, Léo joue à son tour un rôle actif dans sa communauté. Il oriente d’autres personnes vers les services de HI. Lorsqu’il rencontre quelqu’un en difficulté, qui se déplace avec peine ou ignore qu’il peut bénéficier d’une aide, il l’encourage à se faire accompagner. 

«Je remercie beaucoup HI de m’avoir aidé. Maintenant, j’oriente les autres qui sont dans le besoin, comme je l’étais, pour qu’ils viennent bénéficier des soins que HI propose.» 

Dans la zone de santé de Birambizo, Territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, HI met en œuvre un projet qui vise à améliorer l’accès aux soins et les conditions de vie des populations affectées par la crise. De mars à décembre 2025, puis lors d’une phase d’extension en janvier et février 2026: 

  • 978 personnes ont bénéficié de soins de réadaptation physique et fonctionnelle 
  • 399 personnes ont reçu des aides techniques (cannes, béquilles, tricycles…) 
  • 1 240 personnes ont participé à des séances de soutien psychosocial en groupe 
  • 359 personnes ont bénéficié d’un accompagnement psychosocial individuel 
  • 445 personnes ont été référées vers des services spécialisés 
  • 874 séances de sensibilisation ont été organisées. 

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