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Six ans, six prothèses : au Cambodge, HI se tient aux côtés de Sreyka

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Réadaptation | Cambodge | PUBLIÉ LE 18 février 2026
Une jeune fille se tient entre deux barre d'exercice de kiné et regarde vers le bas, vers une dame accroupie à ses côtés qui porte une blouse floquée HI.

régulièrement une nouvelle prothèse. Sreyka Pov, 14 ans, teste sa nouvelle prothèse avec Sreynich Iem, kinésithérapeute de HI. | © S. Rae / HI

Depuis six ans, Sreyka se rend régulièrement au centre de réadaptation communautaire de Kampong Cham. Comme elle grandit vite, les équipes de HI lui fabriquent régulièrement une nouvelle prothèse.

L’accident qui a tout bouleversé

Sreyka, 14 ans, vit dans la province de Prey Veng, au sud du Cambodge. Elle n’avait que huit ans le jour où, en sortant de chez elle, elle a été percutée par une voiture :

« Je me rendais à l’école comme d’habitude quand une voiture a surgi en-dehors de mon champ de vision. Elle m’a heurtée violemment et m’a trainée jusqu’au milieu de la chaussée, » se souvient-elle.

Sa blessure à la jambe était profonde mais faute de moyens adéquats sur place, Sreyka n’a pas reçu les soins nécessaires. Elle a été transférée dans un hôpital de Phom Penh où, pour lui sauver la vie, on lui a amputé la jambe gauche.

Le choc psychologique et ses conséquences

Sreyka a longtemps souffert des traumatismes de son accident et du choc qu’elle a subi.

« Après l’accident, je me sentais inquiète et angoissée à chaque fois que je retournais à l’école. Je repensais tout le temps à ce qui m’était arrivé et je n’arrivais plus à me concentrer en cours. Je me suis accrochée jusqu’en CE2 mais j’ai fini par abandonner l’école. J’aurais aimé devenir médecin, mais je sais que ce sera compliqué… Sinon, j’aimerais bien ouvrir mon salon de coiffure. »

Avec HI, avancer vers l’avenir

Sept mois après son accident, en décembre 2019, Sreyka découvrait le centre de réadaptation à base communautaire de HI et y recevait sa première prothèse. Depuis lors, la jeune fille y retourne chaque année pour que les orthoprothésistes et les kinésithérapeutes de l’organisation puissent vérifier que tout est en ordre ou lui fournir une nouvelle prothèse quand elle en a besoin.

« J’adore venir au centre de réadaptation de Kampong Cham, je suis toujours bien accueillie et je m’y sens bien. À mesure que je grandis, je reçois de nouvelles prothèses et grâce à elles, tout est plus facile : marcher, accomplir les tâches ménagères, m’occuper de nos canards et de nos poulets… Je suis reconnaissante car sans l’aide de HI, ma vie aurait été bien plus compliquée. »

La famille de Sreyka n’a pas beaucoup de moyens – son père est le seul à gagner un petit salaire pour faire vivre les siens. Ainsi, HI prend également en charge les déplacements de la jeune fille et de sa mère quand elles se rendent à Kampong Cham pour le suivi régulier.

Sreyka est une adolescente un peu réservée, mais qui s’épanouit dès qu’elle se sent en confiance. Avec les équipes de HI qu’elle connaît bien, elle discute et rigole tout en réalisant les exercices de kinésithérapie qui permettent d’ajuster sa nouvelle prothèse : marcher, monter et descendre un escalier, pédaler...

« Quand j’ai du temps libre, j’adore faire du vélo, » explique-t-elle avec un sourire. « Je rends visite à ma grand-mère ou à ma tante, ou alors j’accompagne mes frères et sœurs à l’école en les transportant sur mon porte-bagages. »

Le centre de réadaptation à base communautaire de Kampong Cham, fondé par HI en 1992, a pour objectif de faciliter l’accès aux services de réadaptation – prothèses et orthèses, kinésithérapie et services sociaux – au plus grand nombre. Chaque année, plus de deux mille personnes y sont suivies par les équipes de HI : 230 personnes ont ainsi reçu des prothèses en 2025.

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