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Safilia a fui la violence des gangs en Haïti : HI l’aide à se reconstruire.

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Réadaptation | Urgence | Haïti | PUBLIÉ LE 20 mars 2026
Une femme est assise et nettoie un contenant en plastique à l'aide d'un chiffon. Derrière elle, on devine un empilement de seaux, de tissus, de cartons, etc.

Safilia effectue des tâches ménagères grâce aux séances de rééducation. | © T. Noreille / HI

À 65 ans, Safilia est partie de son quartier à cause des attaques de gangs. Handicapée, elle vit dans des conditions difficiles. Grâce au soutien de HI, elle retrouve progressivement son autonomie.

La violence des gangs en Haïti atteint aujourd’hui un niveau sans précédent : près de 90 % de Port-au-Prince, la capitale est sous leur contrôle, provoquant l’effondrement des services essentiels. Plus de 16 000 personnes ont été tuées depuis 2022 selon l’ONU1 et plus d’1,4 million2 de personnes ont fui leur foyer pour chercher refuge ailleurs dans le pays. Face à l’insécurité généralisée, de nombreux Haïtiennes et Haïtiens tentent également de quitter le territoire, montrant le désespoir d’une population cherchant simplement à survivre. C’est cette réalité que vit aujourd’hui Safilia.

La violence a tout bouleversé

Je m’appelle Safilia Civil, j’ai 65 ans et je suis veuve. J’ai longtemps vécu à Solino, un quartier de Port?au?Prince où j’avais une vie paisible. J’avais ma maison, mes trois enfants, mes petits-enfants et j’étais en bonne santé. Je tenais un petit commerce qui me permettait de subvenir à nos besoins.

Puis tout a basculé avec la violence armée des gangs. La situation du pays s’est dégradée petit à petit, puis brutalement. Les nuits étaient devenues éprouvantes. Les tirs incessants m’empêchaient de dormir et me faisaient sursauter à tout moment.

Les conditions difficiles dans le site de personnes déplacées

Aujourd’hui, je vis avec mes petits-enfants sur un site de déplacés internes mis en place par le ministère de la Communication. La vie y est très différente de ce que nous avons connu par le passé. Ici, Il y a du bruit et des disputes au quotidien. Je ne m’y sens pas bien, mais je n’ai nulle part d’autre où aller.

Sur ce site, j’ai accès à de l’eau et parfois à de la nourriture distribuée, même si ce n’est pas toujours ce qui me convient.

Toute la journée, il y a du bruit et des disputes… Ce n’est pas une vie qui me plaît. Mais je n’ai pas le choix.

J’ai souffert physiquement à la suite des violences. Mon corps était devenu rigide et douloureux, je tombais dès que j’essayais de marcher. Cette situation compliquait davantage mon quotidien, je dépendais de l’aide des autres pour certaines tâches.

L’accompagnement de HI pour retrouver l’autonomie

Un jour, des équipes de HI sont venues sur le site. Elles m’ont expliqué qu’elles accompagnaient les personnes déplacées et handicapées à travers des séances de réadaptation. Depuis, je bénéficie chaque semaine de cet accompagnement.

On m’a d’abord fourni des béquilles, puis on m’a aidé à travailler mon équilibre et mes mouvements grâce à des exercices adaptés. Peu à peu, mon corps s’est assoupli et j’ai retrouvé plus de force et d’autonomie. Aujourd’hui, je peux marcher sans aide. J’arrive à accomplir plusieurs tâches du quotidien, comme faire la vaisselle ou laver et étendre le linge.

Avant, je tombais chaque fois que j’essayais de marcher. Maintenant, je peux marcher seule. Je suis très reconnaissante pour ce que HI a fait pour moi.

De l’espoir pour l’avenir

Ma plus grande préoccupation, c’est l’avenir de mes petits-enfants. L’un d’eux n’a que 8 ans et dépend entièrement de moi. Je me bats pour qu’il puisse aller à l’école.

Malgré mon âge, mes douleurs et tout ce que j’ai perdu, je garde espoir. Grâce à l’accompagnement de HI, je continue d’avancer avec courage.

Je sens qu’il y a encore de la vie pour moi. Mon handicap ne me limite pas.

Le projet Urgence en Réadaptation POst-Traumatique (URPOST) est déployé sur cinq sites de personnes déplacées à Port-au-Prince. Il a pour objectif d’améliorer l’accès aux soins et la prise en charge en réadaptation de patients, pour réduire les souffrances et les effets secondaires des blessures et prévenir toute forme de handicap à long terme, ainsi que de réduire les séquelles liées à des trauma pour les survivantes de violences sexistes et sexuelles. Lancé en août 2024, le projet a déjà permis d’accompagner plus de 1 500 patientes et patients en réadaptation, dont 152 ont reçu une aide à la mobilité (béquilles, cannes, fauteuils roulants…). De plus, 95 survivantes de violences ont bénéficié de services de protection et 41 kits de dignité ont été distribués. HI a également réalisé des formations pour d’autres acteurs humanitaires afin d'encourager la prise en compte des femmes et des filles en situation de handicap dans les réponses apportées. 

 1. Explication : Crime organisé et violences de gangs en Haïti

 2. OIM décembre 2025

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