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Gaëlle dans un site de déplacés pour ses séances de rééducation | © T. Noreille / HI
Gaëlle Charles travaille comme ergothérapeute avec HI. Elle accompagne les personnes déplacées par la violence des gangs en Haïti à retrouver leur autonomie.
La violence des gangs en Haïti a contraint plus d’1,4 million1 de personnes à fuir leur foyer pour sauver leur vie. Elles vivent dans des sites de personnes déplacées où les conditions de vie sont souvent très difficiles. Beaucoup d’entre elles sont exposées à des maladies, à des blessures et à des risques de développer des handicaps. Avoir accès aux soins et à la rééducation est donc essentiel pour leur permettre de reconstruire leur vie. C’est dans ce contexte que Gaëlle a décidé de s’engager afin d’accompagner ces personnes déplacées.
Gaëlle Charles est diplômée en ergothérapie et membre de l’Association Haïtienne des Ergothérapeutes. Elle travaille au sein du projet de réadaptation d’urgence mis en œuvre par HI pour venir en aide aux personnes déplacées.
L’ergothérapie est une discipline centrée sur la personne, son environnement et ses activités quotidiennes. Elle s’adresse à tous et toutes : enfants, adultes et personnes âgées vivant avec un handicap, une maladie ou des traumatismes.
Pour Gaëlle, ce métier est avant tout une vocation. Accompagner les patientes et les patients à travers des exercices de rééducation et les voir progresser est une source de motivation essentielle.
« J’ai choisi l’ergothérapie pour restaurer, maintenir ou favoriser l’autonomie et la qualité de vie des personnes », explique-t-elle.
Au quotidien, Gaëlle accompagne des personnes qui rencontrent des difficultés à accomplir des gestes simples du fait d’un handicap ou d’un traumatisme, souvent dus à des déplacements liés à l’insécurité.
Avant chaque prise en charge, elle réalise une évaluation des capacités motrices de la personne : peut-elle se déplacer, s’habiller, se laver… ? Cette étape lui permet d’identifier ses difficultés et de proposer un accompagnement adapté.
Elle travaille notamment avec des patientes et des patients atteints de paralysie, de troubles moteurs ou de séquelles d’accidents. Elle propose des exercices de rééducation qui leur permettent de retrouver progressivement leur autonomie dans l’accomplissement de certaines tâches telles que se laver, se coiffer, s’habiller ou encore manipuler des objets du quotidien.
Elle leur apprend aussi à utiliser correctement les aides techniques, telles que les béquilles ou les fauteuils roulants.
« En améliorant la qualité de vie des gens de ma communauté, j’y trouve ma joie », confie-t-elle.
Sur les sites de personnes déplacées, les conditions de prise en charge sont très différentes de celles d’un hôpital. Les espaces sont restreints et peu adaptés. Chaque jour, Gaëlle et son équipe sont obligées de transporter leur matériel pour assurer les séances de rééducation.
Les déplacements représentent également un défi. Pour rejoindre certains sites, elle doit traverser des zones de Port-au-Prince exposées à l’insécurité.
Aussi, les conditions de vie des personnes qu’elle accompagne sont particulièrement préoccupantes. L’insalubrité et le manque de ressources exposent les populations à de nombreuses maladies et aggravent les handicaps.
Malgré ces difficultés, Gaëlle reste engagée :
« Malgré les difficultés, nous nous adaptons et nous continuons. Nous donnons toujours le meilleur de nous-mêmes afin d’aider nos patientes et nos patients », explique-t-elle.
Les progrès des personnes qu’elle soutient sont la principale source de motivation de Gaëlle.
Récemment, elle a accompagné une dame atteinte d’hémiplégie. Cette dernière ne pouvait pas effectuer seule des gestes comme se laver ou se coiffer. Grâce à un suivi régulier et à des exercices adaptés mis en place par Gaëlle, cette femme a progressivement retrouvé son autonomie. Aujourd’hui, elle est capable de réaliser ces gestes sans l’aide de son entourage.
« Voir les patientes et les patients retrouver leur autonomie est ce qu’il y a de plus beau dans mon travail », souligne-t-elle.
La situation sécuritaire en Haïti reste encore très critique. L’insécurité et les violences affectent beaucoup la population, mais aussi les professionnels de santé.
Comme beaucoup d’Haïtiennes et d’Haïtiens, Gaëlle et ses proches sont eux-mêmes touchés par cette crise. Les risques et les difficultés du quotidien rendent son travail particulièrement exigeant. Pourtant, elle continue sa mission, motivée par la dimension humaine de son métier et la résilience des personnes qu’elle accompagne.
Elle espère que les personnes déplacées pourront retrouver leur autonomie, améliorer leur qualité de vie et, un jour, retourner chez elles en toute sécurité.
HI est une organisation de solidarité internationale indépendante et impartiale, qui intervient dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes. Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et des populations vulnérables, elle agit et témoigne, pour répondre à leurs besoins essentiels, pour améliorer leurs conditions de vie et promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.
Là où sévissent les conflits, les catastrophes naturelles, la pauvreté et l’exclusion, nous travaillons aux côtés des personnes handicapées et des populations vulnérables pour améliorer leurs conditions de vie.