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Au Togo, HI soutient Lakaza, maîtresse coiffeuse réputée

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Inclusion | Togo | PUBLIÉ LE 15 juin 2026
Une jeune femme souriante est debout dans une pièce aux murs recouverts de poster de coiffures et de mèches de cheveux. Elle tient un séchoir électrique.

Lakaza Koudjoukalo dans son salon « Coiffure Jolie Jolie » à Kara, au Togo. | © Orivas Prod / HI

Lakaza Koudjoukalo est une jeune femme sourde et muette qui a choisi de devenir coiffeuse. Modèle d’accomplissement, HI l’a soutenue dans sa formation et dans l’installation de son salon.

De l’école à la formation professionnelle

Lakaza Koudjoukalo, 20 ans, virevolte dans son salon « Coiffure Jolie Jolie », occupée à tresser une dame venue se faire coiffer avec sa petite fille. Lakaza est maîtresse coiffeuse, un métier qu’elle a choisi alors qu’elle était encore adolescente et qu’elle exerce aujourd’hui avec passion.

« Avant j’allais à l’école mais j’ai voulu arrêter pour apprendre un métier, c’est comme ça que j’ai commencé la coiffure. Aujourd’hui, je dirige mon propre salon et j’y transmets mon savoir aux jeunes filles, » explique-t-elle en langue des signes.

Car Lakaza est née sourde et muette. Sa mère, Agba Hodalo, se souvient du moment où elle a compris que sa fille était handicapée. « J’ai eu six enfants mais Lakaza est la seule qui est née sourde. Au moment où je l’ai appris, j’ai beaucoup pleuré, je me sentais démunie… ça n’a pas toujours été facile. Dans la première école où je l’ai amenée, le professeur ne la comprenait pas et, plutôt que de reconnaître qu’il ne savait pas comment l’accompagner, il a cherché à la renvoyer en inventant toute sorte de prétextes. »

Ce n’est que lorsque la famille a déménagé au nord du Togo que Lakaza a pu aller à l’école pendant plusieurs années. Mais, arrivée en 6e, la jeune fille insiste pour commencer une formation en coiffure.

Ouvrir son propre salon

Au Togo, HI soutient la scolarisation et la formation professionnelle d’enfants et de jeunes ayant un handicap moteur, sensoriel et intellectuel, notamment grâce au projet Éducation Inclusive & Formation Professionnelle. HI a aidé des jeunes handicapés hors du système scolaire à s’insérer dans le monde du travail, par des formations professionnelles en couture, cordonnerie, élevage, tissage de pagne, peinture bâtiment, soudure, sérigraphie, maçonnerie, coiffure...

Dans le cas de Lakaza, une partie des frais d’apprentissage a été prise en charge par l’organisation. Quand, en 2024, après deux ans de formation, elle obtient son diplôme, HI lui fournit le matériel nécessaire à l’ouverture de son propre salon : miroir, chaises, lave-têtes, séchoir, bassines, mèches, peignes, etc.

« Avec l’argent que je gagne en coiffant et en tressant, je prends soin de moi et de ma fille et je peux soutenir ma mère. La prochaine étape sera de me payer une moto pour faciliter mes déplacements. Je suis aussi en train de réfléchir à élargir l’atelier ; je voudrais ajouter du matériel, proposer de nouveaux produits, » indique Lakaza.

Trouver sa place

Quand elle était petite, Lakaza a dû faire face aux préjugés des membres de sa communauté, parfois même de la part de sa mère. Mais depuis qu’elle a fait sa formation et a ouvert son salon, elle est bien intégrée et a trouvé sa place dans la société.

« Avant, les gens la voyaient comme une personne inutile, incapable d’apporter quoi que ce soit. Aujourd’hui elle travaille très bien, elle a même des clients qui viennent de très loin pour se faire coiffer. Quand je vois ce qu’elle est devenue, je veux encourager les parents qui ont des enfants handicapés à prendre soin d’eux et à les soutenir pour qu’ils puissent s’accomplir dans le futur, » se réjouit Agba.

Pendant huit ans, le projet éducation inclusive de HI a mobilisé associations, société civile et autorités éducatives pour accompagner les enfants exclus du système scolaire au Sénégal, au Togo et à Madagascar. Il a permis la mise en place des auxiliaires de vie scolaires, des enseignants itinérants et des classes intégrées passerelles. Plus de 10 000 personnes ont bénéficié de ce programme, dont près de la moitié de filles. Le projet a permis la socialisation et l’autonomie des jeunes, à leur entourage de mieux comprendre leur handicap, mais aussi le renforcement des capacités des enseignants ainsi que l’adaptation des structures et des outils de formation.

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