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Ahmed, victime d’un reste explosif

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Réadaptation | Réduction de la violence armée | Urgence | Territoire Palestinien Occupé | PUBLIÉ LE 10 avril 2026
À l’intérieur d’un abri en toile, deux personnes sont assises face à face sur des coussins. Une personne adulte porte des vêtements superposés et un foulard couvrant les cheveux, et tient un coussin à motif floral posé sur les genoux. En face, une personne plus jeune, agenouillée sur un tapis, porte un sweat à capuche à motifs et un pantalon en jean, et maintient également le coussin avec les mains. À l’arrière-plan, on voit une ouverture laissant apparaître un ciel bleu et des textiles accrochés. La lumière naturelle éclaire la scène depuis l’ouverture.

Ahmed lors d’une séance de rééducation | © Khalil Nateel / HI 

On trouve des engins explosifs n'importe où à Gaza. Jouer dans la rue est devenu dangereux. Ahmed en est une victime. 

Une vie bouleversée par un engin explosif  

Ahmed (prénom fictif), âgé de 13 ans, vit avec sa famille dans un camp de déplacés du sud de la bande de Gaza. En janvier 2024, alors qu'il jouait près de chez lui, à Rafah, il a remarqué un objet étrange au sol. Lorsqu'il s'en est approché, l'objet a soudainement explosé. La déflagration lui a causé de graves blessures, entraînant l'amputation de plusieurs doigts de la main gauche, des blessures multiples au visage et une perte partielle de la vision à l'œil gauche. 

Ahmed se sentait honteux de son apparence.  

Suite à son accident, Ahmed avait honte de sa main et ne jouait plus avec ses amis. Il ne pouvait plus aider sa famille dans les tâches quotidiennes, comme porter de l'eau. Les activités les plus simples devenaient un défi. Sa confiance en lui en a été profondément affectée. Deux mois plus tard, le deuxième choc frappa la famille lorsque son frère Suad (nom fictif) décéda. 

HI au côté d’Ahmed  

Vivre dans une zone isolée, avoir peu de ressources financières, tout cela rendait difficile pour la famille d'accéder à des services de rééducation. Les frais de transport pour accéder à un centre de soins sont trop élevés pour leurs moyens, retardant la rééducation d'Ahmed. 

En février 2026, Ahmed a toutefois été admis dans un programme de réadaptation proposé par HI. Il a participé à douze séances axées sur le renforcement de sa musculature supérieure et l'adaptation à ses activités quotidiennes. Il a également participé à des séances collectives avec des kinésithérapeutes et des psychologues pour gérer la douleur et améliorer son bien-être général.  

Parallèlement, sa mère a reçu plusieurs séances de soutien psychosocial pour l'aider à surmonter le deuil de son fils aîné — des séances qui, selon elle, l'ont aidée à retrouver la force de s'engager à nouveau auprès des autres. 

Regagner son autonomie 

Ahmed est désormais capable de s'habiller sans aide et de porter de l'eau. L'un de ses moments de fierté les plus marquants a été le moment où il a réussi à utiliser des outils pour monter une tente, alors qu'il doutait initialement de sa capacité à le faire.  

«Je commence à faire les choses comme n'importe quelle personne sans handicap, dit-il. J'ai monté notre tente moi-même. Je n'y croyais pas, mais j'y suis parvenu.» 

Aller de l’avant 

Aujourd'hui, Ahmed a surmonté beaucoup de ses peurs et de sa honte, et il a repris de nombreuses activités qu'il aime, tout en reconstruisant sa confiance en lui pas à pas. S'il lui reste encore quelques obstacles à surmonter, il est désormais plus indépendant et pleinement investi dans sa vie quotidienne. Il rêve même de devenir footballeur. 

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