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HI a fourni à Ahmed des soins de réadaptation et des béquilles, lui permettant de se déplacer à nouveau de manière autonome. | © HI
Le manque de soins médicaux transforme souvent les blessures de guerre en handicaps permanents. Ahmed a perdu sa jambe après avoir été touché par une balle.
Je m’appelle Ahmed Daffalah et j’ai 66 ans. Je vivais à Khartoum et travaillais dans la construction, la métallurgie et la menuiserie, voyageant entre Khartoum et Wad Madani pour mon travail. Je menais une vie stable et épanouissante, pleinement investi dans mon travail, construisant non seulement des infrastructures, mais aussi des liens solides au sein de ma communauté.
J’étais fier de soutenir ma famille et mes amis, tant sur le plan financier que social, jouant un rôle actif et positif dans la vie de mon entourage — jusqu’à ce que les circonstances changent et transforment ma vie.
Lorsque le conflit a commencé à se répandre à travers Al Jazirah [État soudanais au sud de Khartoum, dont la capitale est Wad Madani, ndlr], mon travail s’est arrêté. Je suis resté avec ma mère, qui refusait de quitter notre maison, et j’ai commencé à livrer des légumes aux habitants de ma communauté à l’aide d’un chariot en métal que je tirais à la main. Je me sentais constamment menacé et dépassé, avec peu de contrôle sur ma situation.
Des combattants armés ont envahi ma maison et ont menacé toute ma famille. J’ai été blessé par balle, recevant des impacts à mon bras et à mes deux jambes. Comme les soins médicaux étaient indisponibles, mes blessures se sont infectées et l’irrigation sanguine de l’une de mes jambes a été compromise, entraînant une amputation sous le genou.
Se déplacer est devenu extrêmement difficile et j’ai passé la majeure partie de mon temps à la maison. Je suis aussi tombé en dépression.
HI m’a fourni des séances de réadaptation de haute qualité ainsi que de nouvelles béquilles, ce qui a considérablement amélioré ma mobilité. Marcher est désormais moins difficile, et je reconstruis progressivement ma confiance en moi.
J’ai lancé un petit projet à domicile pour aider à couvrir mes dépenses, et j’espère le développer afin de pouvoir payer les frais de scolarité de mon enfant.
À Wad Madani (État d’Al Jazirah), au sud-est de la capitale Khartoum, HI dispense des soins de réadaptation et fournit des aides techniques principalement aux personnes handicapées. Par ailleurs, des séances de thérapie de stimulation sont proposés aux enfants souffrant de malnutrition afin de prévenir les handicaps à long terme. HI fournit ces services dans quatre hôpitaux et centres de réadaptation existants.
À l’ouest du pays, à Tawila (État du Darfour du Nord), des soins de réadaptation sont assurés à l’hôpital géré par le partenaire de HI. Ces services s’adressent principalement aux personnes victimes de blessures liées à la guerre, telles que des blessures par balle, des traumatismes liés aux déplacements forcés et des blessures résultant de conditions de vie précaires dans les camps de personnes déplacées, via des soins de réadaptation d’urgence. Un soutien est également apporté aux personnes handicapées.
HI a réalisé plus de 9 500 séances de réadaptation et a pris en charge près de 2 400 personnes. Plus de 150 personnes ont également reçu des aides techniques. HI est l’une des seules organisations humanitaires internationales à fournir des soins de réadaptation dans le pays.
HI est une organisation de solidarité internationale indépendante et impartiale, qui intervient dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes. Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et des populations vulnérables, elle agit et témoigne, pour répondre à leurs besoins essentiels, pour améliorer leurs conditions de vie et promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.
Là où sévissent les conflits, les catastrophes naturelles, la pauvreté et l’exclusion, nous travaillons aux côtés des personnes handicapées et des populations vulnérables pour améliorer leurs conditions de vie.