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Mayra, démineuse : apporter sa pierre à l’édifice en protégeant la terre et ses habitants

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Réduction de la violence armée | Colombie | PUBLIÉ LE 1er septembre 2026
Portrait en gros plan d'une femme souriante, portant un polo avec le logo HI et la mention "Humanity & Inclusion". Derrière elle, des pentes couvertes de végétation touffue.

Mayra Rosero, démineuse au sein des équipes de déminage de HI en Colombie. | © J. Moreno / HI

Mayra Rosero est démineuse en Colombie, dans le département de Nariño. Elle aime sa terre et œuvre chaque jour à la rendre sûre, construisant ainsi l’avenir de sa communauté.

Mayra Rosero, 33 ans, est démineuse à El Vergel, une ville du département de Nariño au sud-est de la Colombie. Elle-même originaire de la région, elle œuvre chaque jour pour rendre la terre libre de mines, une contribution porteuse d’avenir pour ses habitantes et ses habitants.

Connaître et protéger la terre

Mayra a rejoint HI il y a environ un an. Initialement formée à l’agro-élevage, elle a d’abord longtemps travaillé dans la ferme de ses parents avant de choisir la voie du déminage.

« Au sein de ma communauté, les gens parlaient entre eux de HI et de ses activités de déminage. C’est ainsi que j’ai eu vent du processus de recrutement ; un de mes amis travaillait pour HI et j’ai envoyé ma candidature, poussée par la curiosité. Au fil du temps, j’ai réalisé à quel point ce choix est dans la continuité de mon parcours : le déminage est un métier qui me permet d’en apprendre tous les jours sur l’histoire de ces terres, en plus d’aider très concrètement toutes les personnes qui vivent ici. »

Mayra est d’abord recrutée en tant qu’enquêtrice non-technique ; elle est alors chargée de mener des évaluations de terrain pour identifier les secteurs potentiellement contaminés. Pour cela, elle s’appuie sur les connaissances des habitantes et des habitants qui lui rapportent les incidents passés et leurs craintes au sujet de certains secteurs du territoire.

Se surpasser au sein d’une grande famille

Fin 2025, Mayra décide de devenir démineuse. Elle suit alors trois semaines de formation et d’entraînement intenses pour apprendre le métier.

Comme beaucoup, elle est d’abord impressionnée, voire inquiète, car ce travail fait peur. Mais cette crainte ne l’arrête pas : « Grâce à nos formations, aux connaissances qu’on nous transmet et à l’expérience qu’on acquiert, le travail devient plus concret et on sait qu’on peut l’exercer dans de bonnes conditions. Le risque existera toujours mais les règles de sécurité sont là pour nous protéger, nous et nos collègues. »

Mayra évolue dans une équipe d’une dizaine de personnes très soudées, qui vivent ensemble nuit et jour dans un rythme de travail de six semaines entrecoupées de deux semaines de repos.

« Mes collègues sont comme une deuxième famille pour moi, nous vivons tout le temps ensemble. À la fin de notre journée de travail, nous retournons au campement de base pour nettoyer, ranger le matériel et dîner. Après, plutôt que de rester chacun de notre côté, il n’est pas rare que nous nous retrouvions pour jouer aux cartes, aux dominos ou aller faire une petite partie de foot. »

Mayra aime son métier et souhaite continuer à évoluer. Avec ses connaissances, elle a toutes les cordes à son arc pour prendre progressivement plus de responsabilités.

« Je veux continuer à me dépasser, » explique-t-elle, « et pourquoi pas devenir cheffe d’équipe ou superviseuse. »

Se tourner vers l’avenir

Le travail de Mayra est essentiel pour les communautés qui vivent aux alentours. Elle apporte aux habitantes et aux habitants une sécurité qui leur permet de retrouver paix et tranquillité d’esprit.

En effet, lorsque les équipes de déminage ont fini de sécuriser la terre, les communautés peuvent à nouveau cultiver leurs champs, se promener sur leurs chemins, aller à la rivière, envoyer leurs enfants à l’école ou les laisser jouer dehors.

« Les mines sont fabriquées pour blesser, mutiler et tuer. En déminant, j’apporte ma pierre à l’édifice et je sais que c’est d’une grande aide pour les personnes qui vivent ici. En neutralisant des engins explosifs, en libérant les terres, on évite les accidents et on sauve des vies. »

Sept mois après avoir commencé à déminer, Mayra trouve son premier engin explosif, une mine improvisée comme il y en a beaucoup en Colombie. Cet instant est inoubliable dans la vie de toute démineuse, à la fois redouté et désiré. Elle est alors traversée par des émotions intenses, peur et joie mêlées.

« Ma joie était immense, parce qu’à ce moment-là, je savais que j’avais sauvé une vie. C’est pour ça que nous sommes là, pour sécuriser la terre et ses habitants, apporter la tranquillité et construire l’avenir pour et avec les communautés. »

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