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Les mines : un danger quotidien au Yémen

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Réadaptation | Réduction de la violence armée | Yémen | PUBLIÉ LE 22 juin 2026
Saif trying a posthesis

Saif essayant une prothèsse | © N/ Bimbashi

A 56 ans, Saif a eu la jambe emportée par une mine antipersonnel. HI lui réapprend à marcher.

Une simple marche à la campagne

Saif Nasir vit à Al-Bayda (dans la région d'Aden), où il est agriculteur, père d’une famille de six enfants. En mai 2024, il part se promener dans les montagnes près de son village. Il sait que cette zone a été une ligne de front les années précédentes, mais il n’y a aucun panneau d’avertissement ni aucun signe de danger sur son chemin. Alors qu’il marche, une mine enfouie dans le sol explose soudainement sous son pied droit.

Des villageois d’une communauté voisine se précipitent sur les lieux et trouvent Saif gravement blessé. Il est très gravement blessé à la jambe droite, avec des blessures à la jambe gauche et à l’œil. En l’absence de centre médical à proximité, il est transporté d’urgence à l’hôpital général de Dhamar (à trois heures de route du lieu de l’accident), où les médecins doivent procéder à une amputation de la jambe droite sous le genou.

Pendant près d'un an et demi, Saif reste sous surveillance médicale pour soigner ses blessures physiques, tout en étant confronté à un choc psychologique et à une détresse immense. Il a dû se déplacer avec des béquilles, et sa vie d'agriculteur actif et de soutien de famille est complètement bouleversée.

Le centre HI : un tournant dans la vie de Saif

En janvier 2026, son fils aîné apprend dans les médias que HI vient d'ouvrir un centre de rééducation physique à Hajjah. C’est un tournant décisif dans le rétablissement de Saif. Ce centre fournit gratuitement des prothèses modernes aux bénéficiaires.

Un mois plus tard, après avoir quitté son village, Saif arrive au centre de Hajjah en marchant à l'aide de béquilles.

À son arrivée, le moignon de Saif est examiné en détail par un kinésithérapeute et un prothésiste. Une fois son moignon prêt pour l'ajustement, l'équipe prend ses mesures afin de fabriquer une prothèse le jour même.

Deux semaines plus tard, Saif commence un entraînement intensif avec sa nouvelle prothèse. Parallèlement à la rééducation physique, HI organise pendant deux semaines des séances de soutien psychosocial essentielles à l'intention de Saif et de son aidant, afin de les aider à surmonter ce traumatisme.

« Je veux juste pouvoir me tenir debout et marcher à nouveau tout seul », explique Saif. « Je veux retourner à ma ferme, subvenir aux besoins de ma famille et m’occuper de mes enfants. Je veux reprendre ma vie en main et retrouver la vie active que j’avais avant. »

Au bout de deux semaines, il peut marcher avec sa prothèse. Il retourne dans son village pour recommencer sa vie.

« J’espère que les gens seront sensibilisés au danger de s’aventurer dans des zones jonchées de munitions, d’explosifs et de restes de guerre, afin que ma souffrance ne se reproduise jamais chez personne d’autre. »

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