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La population prise au piège des engins explosifs

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Réduction de la violence armée | Yémen | PUBLIÉ LE 18 septembre 2026
Opérations de dépollution au Yémen

Opérations de dépollution au Yémen | © HI

Depuis août 2025, HI a dépollué 58 sites et sécurisé 119 engins explosifs —des mortiers, des roquettes et des bombes aériennes — le long de la côte ouest du Yémen, une zone fortement contaminée.

Le littoral dévasté par des années de bombardements

Après des années de combats et de bombardements intenses, les régions de Taïz et de Hodeïda, sur la côte ouest du Yémen, sont jonchées de presque tous les types de munitions : projectiles d'artillerie, mortiers, roquettes, bombes aériennes, mines et engins explosifs improvisés.

HI est récemment intervenue dans des terres agricoles entourant le village de Suhaili, dans le sous-district de Zuhari à Mocha, qui fait partie du gouvernorat de Taïz. Cette zone, appelée « les fermes de Rima » par les habitants, est un ensemble de petites exploitations, dont l'une appartient à Kulaiba Suhail.

Environ 20 familles vivent ici, soit un total de près de 225 personnes. Contrairement à de nombreuses communautés de la côte ouest, elles n'ont pas été déplacées. Bien qu'il y ait des positions militaires dans les environs, les habitants ont poursuivi leurs activités agricoles quotidiennes pendant le conflit.

La roquette des fermes de Rima

Un cas a été porté à l'attention de l'équipe de neutralisation des explosifs et munitions (EOD) de HI presque par hasard.

Une ONG avait des activités dans la zone lorsque ses membres sont tombés sur un engin explosif. Ils l'ont signalé à l'Autorité nationale de l'action contre les mines du Yémen, qui a transmis le dossier à l'équipe de HI le jour même.

Comme il s'agissait d'une seule munition dans un lieu clairement défini, la tâche a été accomplie en une journée. HI s'est rendue sur place, a évalué le danger et a déplacé l'engin explosif. Les habitants ont été surpris — et visiblement soulagés — qu'une intervention ait lieu si rapidement après avoir donné l'alerte. Mais l'histoire ne s'arrête pas là…

Stocker les munitions pour vendre la ferraille

Ils avaient trouvé une seule roquette de 57 mm, mais celle-ci avait été manipulée. Quelqu'un avait détaché sa fusée et l'avait enterrée séparément, à une certaine distance.

Les villageois ont orienté l'équipe vers l'homme qui avait retiré la fusée, soupçonnant qu'il connaissait l'existence d'autres munitions cachées dans la région. Il hésitait à se manifester, et pour cause : pendant et après la guerre, il avait collecté de grandes quantités d'engins explosifs dans l'espoir de les vendre — une activité courante dans les pays pauvres —, mais la majeure partie avait été confisquée par l'armée.

L'équipe a clairement expliqué qu'ils étaient des travailleurs humanitaires et a décrit leur travail plus en détail. L'homme a alors révélé qu'il cachait encore d'autres objets, enterrés au hasard à plusieurs endroits.

L'équipe a ainsi récupéré en toute sécurité une cache importante : deux mines, une fusée de roquette de 57 mm, six fusées de projectiles de 85 mm, une mine marine improvisée, une autre roquette de 57 mm, quinze douilles vides de projectiles de 82 mm et une charge propulsive pour une roquette de RPG.
Tous les objets ont été collectés et transférés vers un site de démolition éloigné.

La contamination selon le paysage

Jamila Waleed, spécialiste de la réduction de la violence armée, explique que la contamination peut varier d'une région à l'autre en fonction du paysage.

« Dans les plaines, les lignes de front mouvantes sont massivement truffées de mines, de restes explosifs de guerre et d'engins explosifs improvisés, ce qui a paralysé l'agriculture locale. Dans les montagnes, des mines antipersonnel et des pièges à fil tendu sont installés autour des anciennes positions de tir. Cette contamination empêche les populations, en particulier les personnes déplacées, de retourner chez elles en toute sécurité et de reprendre leurs moyens de subsistance. Elle bloque l'accès à l'eau, aux terres agricoles et à l'aide humanitaire ; elle restreint les mouvements des habitants et des rapatriés ; elle menace la navigation côtière ; et elle met en danger les pêcheurs et les agriculteurs qui tentent de reconstruire leur vie. Les inondations ont aggravé le problème, déplaçant les engins enfouis et modifiant des zones qui avaient été préalablement cartographiées et marquées comme contaminées — dont certaines avaient même déjà été dépolluées. »

L'équipe de HI sur le terrain

Depuis août 2025, l'équipe de neutralisation des explosifs et munitions (EOD) de HI, basée à Mocha, composée d'une douzaine de spécialistes, a accompli un travail considérable :

  • 361 228 m² de terres signalées comme zones dangereuses.
  • 12 500 personnes sensibilisées grâce à des sessions d'éducation aux risques.
  • 119 engins explosifs sécurisés.
  • Près de 60 sites ont été dépollués.

 

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