Go to main content

Comment défendre le traité d'interdiction des mines

partager

Prévention | Réduction de la violence armée | PUBLIÉ LE 12 juin 2026
5 objets métalliques sont disposés en ligne sur une bâche jaune avec de larges bandes rouges. Les objets ont des formes circulaires ou cylindriques et présentent des surfaces usées et oxydées. Ces objets sont de tailles différentes et porte des inscriptions blanches peintes à la main. L’ensemble des objets est présenté de manière ordonnée sur la bâche, dans un environnement extérieur ou temporaire, avec un éclairage naturel.

Exemples de mines découvertes par les équipes de déminage de HI dans la région de Ziguinchor, au Sénégal. En mai 2022, HI a lancé des opérations de déminage en Casamance. L'organisation a déminé près de 470 000 m² de terrain depuis 2008. Ces opérations pe | © A. Sawadogo / HI

HI rencontre la sous-secrétaire des Nations unies au désarmement, Izumi Nakamitsu pour réfléchir à la meilleure façon de défendre le traité d’interdiction des mines durement attaqué.

HI et la Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel (ICBL) rencontrent, le 19 juin, Izumi Nakamitsu, sous-secrétaire générale des Nations unies chargée du désarmement, afin de discuter des moyens de défendre le Traité d’Ottawa, qui interdit les mines antipersonnel. De nombreuses menaces pèsent sur ce traité : cinq États s’en sont retirés, l'utilisation des mines est en augmentation dans le monde… 

Cette rencontre a lieu dans le cadre des réunions «intersessionelles», qui rassemblent les États parties au Traité d'Ottawa du 15 au 18 juin 2026 au Centre international de conférences de Genève (CICG). 

Défendre le désarmement  

La rencontre avec la sous-secrétaire générale des Nations unies chargée du désarmement, Izumi Nakamitsu, a pour objectif de discuter des moyens de défendre le Traité d'Ottawa et de renforcer les efforts mondiaux en matière de désarmement, à un moment où le droit international humanitaire est de plus en plus fragilisé. 

HI et Mme Nakamitsu verront également comment encourager les États parties à prendre des mesures immédiates et décisives pour faire face aux attaques contre le traité. 

Menaces sur le Traité d’Ottawa  

La Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie et la Finlande se sont officiellement retirées du Traité d’Ottawa début 2026. L’Ukraine a annoncé, le 21 juillet dernier, suspendre ses obligations au titre du traité jusqu’à la fin du conflit avec la Russie - une telle mesure n’est pas autorisée par le traité qui ne prévoit pas de dérogation en cas de conflit armé.  

Le traité est également mis à mal par des États non-signataires comme la Russie, qui a largement utilisé des mines antipersonnel en Ukraine et ailleurs, ou les États-Unis, qui ont récemment transféré de telles armes à l’Ukraine. 

Un traité efficace pour protéger les civils  

Le Traité d’Ottawa est l’un des accords de désarmement les plus efficaces de ces 25 dernières années. Adopté en 1997 et entré en vigueur en 1999, il a permis de faire passer le nombre annuel de victimes d’environ 25 000 à la fin des années 1990 à environ 5 000 aujourd’hui. 

La plupart des pays reconnaissent la valeur du Traité d’Ottawa et continuent de la soutenir. Alors que cinq pays européens s’en sont retirés, le Liban y a adhéré le 1er mai dernier – une avancée significative pour un pays en proie à un conflit armé. Le Liban est ainsi devenu le 162ème État partie à ce traité historique. 

Les trois quarts des États au monde sont parties au Traité d’Ottawa, ce qui en fait une norme universelle puissante. 

Un danger réel pour les civils  

Les mines antipersonnel constituent toujours une menace pour les civils à l'échelle mondiale. Selon le rapport du Landmine Monitor 2025, plus de 90 % des victimes de mines sont des civils. Le rapport a recensé au moins 6 279 nouvelles victimes causées par des mines et des restes explosifs de guerre dans 52 pays et territoires en 2024, dont 1 945 décès. Les enfants représentaient 46 % des victimes. 

Le Landmine Monitor publie ce jeudi 11 juin un Aperçu préliminaire des victimes couvrant l'année 2025. Voici les 6 principaux chiffres et faits de ce rapport : 
•    40 pays ont enregistré des victimes de mines/REG, dont 9 pays faisant état de plus de 100 victimes en 2025. 
•    La Syrie a enregistré le plus grand nombre de victimes avec 1 602 victimes de mines/REG (restes explosifs de guerre), suivie du Myanmar avec 745. 
•    95 % des victimes de mines/REG étaient des civils dans les pays où le statut civil a été documenté — un pourcentage qui reste constant d’année en année. 
•    Les enfants représentent une part substantielle, et souvent majoritaire, des victimes dans plusieurs pays, notamment en Afghanistan (où ils constituent la majorité) et au Soudan du Sud. 
•    Les hommes constituent la grande majorité des victimes adultes environ 84 % des cas recensés par sexe ce qui reflète les risques d'exposition liés à l'agriculture, à l'élevage et aux déplacements dans les zones contaminées. 
•    Les blessés (deux tiers des victimes) sont plus nombreux que les morts dans presque tous les pays touchés, ce qui crée une population large et croissante de survivants ayant des besoins à long terme en matière de rééducation, d'appareillage et de soutien psychosocial.
 

Plus d'actualités