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Baisse de l’aide internationale : le cri d’alerte des personnes handicapées

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Droits | Inclusion | Réadaptation | Santé | Colombie | PUBLIÉ LE 2 novembre 2026
Un homme en fauteuil roulant se tient se le pas d'une maison, donc la rampe d'accès se perd dans un chemin boueuse, caillouteuse et partiellement inondée.

Pour Filadelfo Montoya de Oro, il est très difficile de se déplacer en autonomie en dehors de chez lui. Caucasia, Colombie. | © HI

Pour les personnes handicapées, les coupes budgétaires dans l’aide humanitaire ont des conséquences concrètes sur le quotidien : pauvreté, anxiété et accès aux soins compliqué. Récit en Colombie.

Un quotidien précaire

Filadelfo Montoya de Oro a 52 ans. Il menait avec sa famille une vie relativement paisible jusqu’au jour où, il y a onze ans, il a été renversé par une voiture. L’accident l’a laissé avec la moitié du corps paralysé, un coup dur pour lui et ses proches.

La famille a aussi subi les effets du conflit armé en Colombie : dans les rues de leur village, l’insécurité est montée et les habitants vivaient dans la peur. La vie est progressivement devenue une lutte quotidienne : impossible de trouver un travail digne ou de quoi se nourrir. Filadelfo et sa famille ont décidé de partir.

Il vit aujourd’hui avec l’une de ses filles dans un abri fabriqué avec des planches à Santa Elena, une zone occupée illégalement en périphérie de la ville de Caucasia. Les chemins bordant les habitations, jonchés de pierres et de boue, sont traversés de petits ruisseaux dès qu’il pleut. Pour Filadelfio, impossible de s’y déplacer en fauteuil roulant.

« La plupart du temps, je me sens enfermé chez moi. On ne sait pas ce qui va nous arriver demain, si on sera expulsés ou non. C’est très stressant, » explique Filadelfo Montoya de Oro.

La diminution de l’aide, une réalité concrète

Avant, les personnes handicapées de sa communauté étaient aidées grâce à des formations ou recevaient des financements pour lancer de petits commerces. Ainsi, Filadelfo avait participé à des ateliers pour acquérir de nouvelles compétences et lancer une activité de vente de bonbons et de jouets financée par HI.

« Cela me permettait de percevoir des revenus grâce à mon projet, de couvrir une partie des dépenses du foyer et de me sentir plus indépendant. De plus, les formations m'apportaient davantage de confiance et de connaissances pour aller de l’avant. »

Mais à mesure que les coupes budgétaires ont restreint l’aide internationale, les soutiens ont diminué, les associations ont organisé de moins en moins de formations et d’ateliers. Pour les personnes handicapées qui ont du mal à trouver un emploi, la situation est particulièrement dramatique.

« Un des moments les plus difficiles a été lorsque j’ai eu besoin d’un nouveau fauteuil roulant. J’ai contacté différentes autorités, j’ai toqué à toutes les portes, mais personne ne pouvait m’aider. Je me suis senti très seul, complètement exclu. Sans ce soutien, impossible pour moi d’être autonome, de continuer à travailler et à me déplacer. »

Derrière chaque refus d’aide, il y a des personnes qui se battent pour avancer

Trouver du travail pour une personne en fauteuil roulant est une vraie gageure. Aujourd’hui, Filadelfo vit avec l’une de ses filles qui prend en charge l’essentiel des dépenses de la famille en trouvant de petits emplois dans des magasins ou dans la vente de jus de fruits. Mais leur situation économique est précaire.

Filadelfo tient un petit commerce et vend des articles de papeterie. Avec l'augmentation du coût des produits et les aides qui diminuent, il a du mal à maintenir son activité à flot. Stressé par la situation préoccupante et l’aggravation de ses difficultés économiques, il n’en reste pas moins déterminé et animé par l’envie de s’en sortir.

« Il faut que les politiques se souviennent de notre existence, qu’ils nous invitent à échanger avec eux pour leur expliquer que nous avons besoin de ce soutien pour survivre. Il faut qu’ils se mettent à notre place avant de couper les aides et qu’ils réalisent à quel point la situation est compliquée pour nous. Derrière chaque refus, chaque porte fermée, il y a des personnes et leurs familles qui se battent chaque jour pour avancer. »

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