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Sans aide humanitaire, intervention chirurgicale impossible pour Abdul

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Droits | Inclusion | Réadaptation | Syrie | PUBLIÉ LE 9 octobre 2026
Abdul Karim pendant un entretien avec un voontaire de HI

Abdul Karim pendant un entretien avec un voontaire de HI | © HI

Le cas d'Abdul Karim, qui marche avec des béquilles depuis qu'il a été blessé par balle, illustre la façon dont la baisse des financements de l'aide humanitaire touche les personnes handicapées.

Abdul Karim, 39 ans, ne peut plus marcher sans béquilles depuis qu’une balle lui a déchiré le bas de la colonne vertébrale il y a plusieurs années. Il vit dans un immeuble du camp de Suran — à environ 23 km d’Azaz — avec trois enfants qu’il élève seul. En raison d’infections cutanées chroniques du membre paralysé, les médecins ont évoqué une possible amputation si aucune opération n’est pratiquée d’urgence.

L’aide au développement destinée à la Syrie a fortement diminué en 2024. Elle est tombée à environ 1,56 milliard de dollars US, soit une baisse d’environ 37 % par rapport à 2023. Elle s’élevait à 2,5 milliards en 2023.

Abdul Karim est un parent isolé, sans revenu stable, et son handicap rend difficile chacune de ses démarches. Voilà ce qui se produit lorsque les coupes dans l’aide humanitaire frappent un foyer qui n’a aucune autre forme d’aide :

Les chiffres clés :

  • Environ 240 000 livres syriennes (soit 18 euros par mois) : c’est l’ensemble des revenus du foyer d’Abdul Karim, qui comprend 4 personnes, avec une petite indemnité et une aide ponctuelle de proches vivant hors du camp ;
  • 1 à 2 repas par jour : c’est ce que lui et ses enfants mangent actuellement ; surtout du pain, du thé, du riz ou du boulgour aux lentilles ;
  • 0 : c’est le nombre de ses trois enfants (âgés de 14, 11 et 8 ans) qui sont actuellement scolarisés
  • 1 par semaine : c’était la fréquence de ses séances de kinésithérapie, avant la fin des financements ;

Le choc des coupes budgétaires

Avant les coupes budgétaires destinées à l’aide humanitaire en Syrie, Abdul Karim bénéficiait d’un filet de sécurité modeste mais adapté : paniers alimentaires mensuels, consultations médicales gratuites, transport subventionné vers les hôpitaux et orientation vers une intervention chirurgicale à l’hôpital d’Akhtarin/Aqrabat.
Puis les financements se sont taris...

La kinésithérapie et le soutien psychosocial assurés par une équipe mobile de HI à l’hôpital Al-Razi d’Alep, dans le cadre d’un projet financé par la GIZ, ont pris fin avec l’arrêt du financement..

L’opération chirurgicale programmée, recommandée par les médecins plusieurs mois auparavant pour éviter l’aggravation des lésions de son membre inférieur, a été annulée. Résultat : sa mobilité diminue et ses douleurs s’intensifient de jour en jour.

« L’aide que nous recevions allégeait le poids des dépenses de la vie quotidienne et des frais médicaux, et m’aidait à subvenir aux besoins essentiels de mes enfants. Malgré les difficultés, j’avais le sentiment de pouvoir compter sur un soutien. Ce qui m’a fait le plus de mal, c’est l’annulation de l’opération dont j’avais un besoin urgent. Je me suis senti impuissant car je ne pouvais pas payer le traitement, alors même que mon état exige un suivi médical continu. »

Ses enfants encaissent eux aussi le choc

Son enfant de 14 ans vend des biscuits dans la rue pour aider à couvrir les dépenses, sa fille de 11 ans s’occupe des tâches ménagères et veille sur le plus jeune, et le dernier de 8 ans, de santé fragile, reste le plus souvent à la maison.

Aucun d’entre eux n’est scolarisé, et les travailleurs humanitaires signalent un risque réel qu’ils abandonnent l’école définitivement.

Les personnes handicapées durement touchées

Abdul Karim n’est pas un cas isolé. Les travailleurs humanitaires qui ont documenté son cas affirment que les personnes en situation de handicap, ainsi que les enfants et les personnes âgées, subissent une part disproportionnée des dégâts causés par les réductions de financement, car ce sont elles qui ont le moins d’alternatives lorsqu’un service disparaît.

Même le suivi de son dossier est lacunaire. Depuis la clôture du projet de rééducation financé par la GIZ, l’organisation a un peu perdu le contact avec lui — si bien que nous ne savons pas s’il bénéficie encore de soins.

« Réduire l’aide humanitaire ne revient pas simplement à supprimer un service ou à fermer un programme : cela revient à dégrader la vie de personnes qui dépendent de ces services pour rester en bonne santé et vivre dans la dignité. »

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L’aide publique au développement (APD) mondiale subit depuis 2024 des coupes sans précédent, dues principalement à d’importantes réductions de la part de grands donateurs comme les États-Unis et les pays européens. Selon l’OCDE, l’aide internationale a chuté de 23,1 % entre 2024 et 2025 seulement — la plus forte contraction annuelle jamais enregistrée. Avec les décisions de réduire les budgets, des millions de personnes dans le monde se retrouvent sans aide.

Le témoignage d’Abdul Karim fait partie de nombreux témoignages qui seront intégrés à un rapport de HI sur l’impact des coupes de financement sur les personnes en situation de handicap, que HI publiera en décembre. HI rappelle que les projets d’inclusion du handicap sont essentiels au bien-être, à l’autonomie et à l’inclusion des personnes handicapées, dont beaucoup dépendent de l’aide étrangère pour leur vie quotidienne. Pour ne pas aggraver l’exclusion et les inégalités subies par les personnes en situation de handicap, les donateurs doivent continuer à soutenir les programmes d’inclusion du handicap.

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