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Ihor apprend à vivre avec son amputation du bras

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Réadaptation | Réduction de la violence armée | Urgence | Ukraine | PUBLIÉ LE 8 juillet 2026
Une personne est assise près d’une table dans une salle de rééducation. Une autre personne, portant des gants, tient et examine la main et le poignet de la première. Du matériel de thérapie est visible sur des étagères en arrière-plan.

Ihor Lashyn lors d’une séance de rééducation physique avec Tetiana Lahno, kinésithérapeute de HI. Survivant d’une frappe aérienne à Krasnohorivka, il a perdu son bras et subi une grave blessure abdominale. - Oblast de Dnipropetrovsk, avril 2026 | © L. Hutsul

Ihor Lashyn a perdu un bras lors d’un bombardement. HI lui a fourni de la rééducation pour gérer la douleur.

Le 15 janvier 2024, Ihor déblayait la neige devant sa maison lorsque deux explosions ont retenti soudainement, l’une après l’autre, blessant Ihor et tuant son voisin sous ses yeux. 

Ihor a dû attendre environ une heure avant d’être évacué. Des secouristes militaires ont pu le transporter à travers champs jusqu’à Kurakhove, puis Selydove, ville située à 60 km de chez lui. L’explosion avait déchiqueté son bras, rendant l’amputation inévitable. Ihor souffrait également d’une grave blessure à l’abdomen. 

« Ma ville natale est désormais une zone sous contrôle russe et je vis dans un centre pour personnes déplacées. Après l’amputation, il n’y avait aucune rééducation, et je n’avais pratiquement aucune idée de ce que je pouvais faire ensuite », dit Ihor.  

Une prothèse seulement esthétique 

Ihor a reçu une prothèse, mais dont la seule fonction était d’imiter un membre, sans aucune capacité fonctionnelle. C’est ce que l’on appelle une «prothèse esthétique». Cette prothèse ne lui permettait pas d’accomplir des gestes de base.  

Ihor n’a pas non plus reçu de conseils sur la façon de prendre soin de son moignon - notamment sur les règles d’hygiène, sur comment prévenir les irritations et éviter les infections. Au bout du compte, avec le manque de fonctionnalité de sa prothèse et l’absence de soutien adéquat, il a rapidement cessé de l’utiliser.  

La rééducation : nouveau chapitre dans la vie d’Ihor 

Grâce à l’aide d’assistants sociaux, Ihor a été mis en contact avec Tatiana Lahno, kinésithérapeute de HI, qui a élaboré un programme d’exercices pour l’accompagner dans sa convalescence. 

Ensemble, ils ont commencé à travailler sur la force musculaire de son épaule et sur la gestion des douleurs fantômes. Tatiana lui a conseillé de contacter le centre de prothèses et d’orthèses "Superhumans" pour obtenir des prothèses de qualité. 

Ihor raconte :  

«Tatiana m’a mis sur la bonne voie pour ma guérison. Je m’entraîne au centre de rééducation et je ressens les progrès. Grâce au soutien que j’ai reçu, j’ai réalisé que je pouvais encore faire du sport, développer ma musculature et retrouver progressivement des forces. Tatiana m’a montré quels exercices étaient sans danger, comment compenser l’effort et comment gérer la douleur fantôme. Cela m’a aidé à reprendre le contrôle de mon corps.» 

Désormais, Ihor utilise son vélo d’appartement. Il a perdu du poids, ce qui lui donne l’espoir que, malgré sa blessure, il pourra de nouveau mener une vie active et indépendante :  

«Je suis reconnaissant envers toutes les personnes qui m’ont soutenu. Maintenant, j’ai la chance de revenir à une vie qui n’est pas seulement une question de survie, mais plutôt une vie pleine de sens, de dignité et de force.» 

Ihor n’utilise actuellement pas sa prothèse esthétique et attend une prothèse fonctionnelle du centre ‘Superhumans’.

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