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Burkina Faso : des jardins partagés pour soulager les communautés isolées par les conflits

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Urgence | Burkina Faso | PUBLIÉ LE 21 août 2023
Fadima pose avec dans la main une bassine qui contient des tomates, des aubergines et de la salade. En arrière-plan, on devine le jardin partagé.

Fadima Hamidou montre fièrement la récolte du jardin partagé à Sebba, au Burkina Faso | © Imédia Sarl / HI

Un projet de jardins partagés initié par la Croix-Rouge, partenaire de HI sur le projet RECOSA, permet aux habitants de la région du Sahel d’assurer leur sécurité alimentaire.

La zone transfrontalière entre le Burkina Faso et le Niger est caractérisée par un climat d’insécurité et de violence. Dans ces régions, l’insécurité alimentaire et le manque d’opportunités économiques, notamment pour les jeunes, fragilisent des populations déjà très pauvres. Pour les aider, HI et ses partenaires – l’association Nodde nooto, la Croix-Rouge Burkinabè, la Croix-Rouge Espagnole, Médicos del Mundo, Vétérinaires sans Frontières Belgique, l’ONG Karkara, Médecins du Monde Belgique et SongES Niger – ont lancé le projet RECOSA.

Conflits et insécurité menacent la sécurité alimentaire des populations

Fadima Hama cuisine dans sa maison avec les produits de la récolte du jardin partagé. © Imédia Sarl / HIRECOSA est un projet de renforcement de la résilience et de la cohésion sociale des populations vulnérables des régions transfrontalières du Burkina Faso (région du Sahel) et du Niger (région de Tillabéri). C’est dans le cadre de ce projet que les habitants de la ville de Sebba, au Nord-Est du Burkina Faso, ont été accompagnés.

Nombre des habitants de Sebba sont des déplacés internes qui ont dû fuir les violences et les conflits. Du fait de l’insécurité qui règne dans la zone et sur les routes du pays, le ravitaillement de la ville n’est plus assuré.

« Nous nous sommes sédentarisés de force et la famine rongeait nos familles. Nous n’étions plus ravitaillés en vivres et autres marchandises par les camions. Il nous était même impossible de nous déplacer. Certains sont morts à cause de cette famine. Nous avons été témoins de nombreuses souffrances, aggravées par la violence », témoigne Fadima Hama, une habitante de Sebba. 

Former les communautés au maraîchage

Avec le projet RECOSA, 75 ménages de Sebba ont été formés et outillés pour la création de jardins de case et de jardins partagés, une initiative à laquelle ils ont immédiatement adhéré. Le projet accompagne les habitants dans la fabrication et la mise en place de leurs pépinières et propose des formations au repiquage des plants et aux bonnes pratiques maraîchères.

Fadima Hamidou arrose les plantations du jardin partagé. © Imédia Sarl / HI« Nous avons trouvé le travail du jardin très fructueux. J’avais commencé l’initiative avec le moral au plus bas. À l’époque, je ne consommais plus que des feuilles et des fruits sauvages... Puis nous avons commencé à cultiver choux et oignons. Par la suite, le projet RECOSA nous a appuyé avec des semences. Les résultats nous ont été très bénéfiques : le jardinage me profite à moi, ainsi qu’à mon entourage. Avec les gains issus du maraîchage, je peux m’acheter du soumbala, un condiment, et du bouillon pour faire la cuisine », raconte Fadima Hamidou, une autre habitante du village.

« Le jardin est vraiment d’une grande utilité. Depuis que nous l’entretenons, nous mangeons sain et équilibré et nos sauces sont bien garnies. Nous mangeons bien et partageons souvent avec nos voisins », complète Fadima Hama.


Le projet de renforcement de la résilience et de la cohésion sociale des populations vulnérables des régions transfrontalières du Burkina Faso (région du Sahel) et du Niger (région de Tillabéri) a été lancé en décembre 2019 et se poursuit jusqu’en décembre 2023. Il est coordonné par HI et mis en œuvre par l’organisation et ses partenaires : l’association Nodde nooto, la Croix-Rouge Burkinabè, la Croix-Rouge Espagnole, Médicos del Mundo, Vétérinaires sans Frontières Belgique, l’ONG Karkara, Médecins du Monde Belgique et SongES Niger. Le projet est financé par l’Union européenne, avec les résultats suivants :

  • 7 002 ménages ont reçu des transferts monétaires saisonniers pour protéger leurs activités économiques lancées avec le soutien du projet ;
  • 225 personnes handicapées ont été accompagnées avec des aides techniques à la mobilité, comme des fauteuils roulants ou des cannes, et un soutien au lancement d’une activité économique ;
  • 671 956 personnes ont amélioré leur accès aux services sociaux de base ;
  • 389 905 personnes ont été sensibilisées par des émissions des radios qui promeuvent la coexistence pacifique et la cohésion sociale.

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