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Au bout d’un an d’attente, Amer marche avec une prothèse

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Réadaptation | Réduction de la violence armée | Syrie | PUBLIÉ LE 22 juin 2026
Amer (au milieu) lors d'un séance d'éducation aux risques

Amer (au milieu) lors d'un séance d'éducation aux risques | © N. Bimbashi

Amer a enfin reçu une prothèse ; il espère maintenant retourner à l’école.

Amer (11 ans) et sa famille ont été déplacés pendant sept ans par la guerre. Ils sont retournés dans leur village près de Deir Ezzor l'année dernière, lorsque les combats ont pris fin. Comme beaucoup de familles, ils avaient hâte de rentrer chez eux après des années d'incertitude. Mais quelques semaines seulement après leur retour, Amer a été grièvement blessé par un engin explosif et a perdu une jambe.

Une tragédie trop courante en Syrie

C'est une histoire bien trop courante en Syrie : un groupe d'enfants joue dehors ; l'un d'entre eux ramasse un objet qui est en réalité un engin explosif, les blessant tous. C'est dans de telles circonstances qu'Amer a été grièvement blessé en 2025. Danila Zizi, directrice de HI pour la Syrie, explique l'ampleur de la contamination par les restes explosifs de guerre en Syrie :

“Après 13 ans de violence armée, la contamination est omniprésente en Syrie. 1 261 incidents liés à des engins explosifs ont été recensés depuis le 8 décembre 2024, faisant 2 288 victimes. La majorité de ces incidents se produisent dans les zones agricoles et de pâturage. Pour de nombreuses familles, l'accès aux terres agricoles, la transhumance du bétail, les déplacements pour se rendre aux services publics ou simplement le fait de laisser les enfants jouer dehors continuent de comporter des risques inacceptables.”

Un système de santé dépassé

Au début, Amer se déplaçait en fauteuil roulant, puis avec des béquilles. La famille se rendait régulièrement à l'hôpital Al-Kasra pour des consultations – situé à deux heures de route de chez eux –, un trajet à la fois épuisant et coûteux. Sa mère l'accompagnait à ses rendez-vous, mais il y avait des jours où il ne voulait pas y aller.

Son grand-père explique que chaque étape demandait du temps, de la patience et de nombreux allers-retours pour les consultations :

« Même quand il marchait avec des béquilles, je devais encore le porter parfois, dit-il. Maintenant, avec la prothèse, c’est un peu plus facile. Il a encore besoin de temps pour s’y habituer, mais il se sent plus léger et plus autonome. »

Amer a reçu une prothèse en décembre dernier, après un an sur liste d'attente. La forte demande, les capacités limitées en matière de rééducation et les coupes dans le financement de l’aide humanitaire expliquent pourquoi Amer a dû attendre près d'un an.

Le déminage a changé la vie des villageois

Une partie des terres entourant le village d’Amer a récemment été déminée, par HI, ce qui a permis de réduire certains des risques qui continuent de peser sur la vie quotidienne. Les gens se sentent un peu plus rassurés. Amer veut jouer dehors, apprendre et s’adonner à ses passions.

« Maintenant, j’aime jouer tous les jours avec les autres enfants autour de moi, dit Amer. Et surtout, j’adore élever des pigeons. »

Amer élève des pigeons et possède une volière sur le toit de sa maison. Il en parle avec fierté et passe une grande partie de son temps à s’en occuper.

Quand Amer retournera

Pourtant, de nombreux défis subsistent. Amer, ses frères et sœurs ne sont toujours pas scolarisés. L'école la plus proche se trouve à seulement 500 mètres, mais elle a été endommagée pendant le conflit et n'a pas été réparée. Une autre école est plus éloignée, mais la distance reste un obstacle pour Amer. Il doit marcher longtemps pour s'y rendre, alors il préfère ne pas y aller. Sa jambe lui fait encore mal lorsqu'il marche sur de longues distances.
« J’aimerais qu’il y ait une école plus près de chez nous pour que je puisse étudier, dit Amer. Je veux aller à l’école comme tout le monde. Marcher sur de longues distances me fait encore mal. »

Un village plus vivant qu’avant

Responsable HI du plaidoyer pour la Syrie, Bimbashi a visité le village d’Amer en août 2025. Il y est retourné en mai dernier : 

« Le village d’Amer, Khasham, semble bien plus animé que lors de ma première visite l’année dernière. Les familles ont réparé ou à reconstruit certaines parties de leurs maisons. Il y a beaucoup plus de monde. Les enfants jouent dans les rues et aux alentours du village, ce que je n’avais pratiquement pas vu lors de ma précédente visite. Mais tout le monde semble plus fatigué. L’année dernière, malgré tout ce qu’ils avaient traversé, beaucoup parlaient avec l’espoir que les choses s’amélioreraient progressivement. Cette fois-ci, de nombreuses familles disent qu’elles sont épuisées et ont besoin d’aide. La vie ne s’est pas arrangée, et pour certains, le quotidien est encore plus difficile car il n’y a pas d’emploi. Tout le monde est pauvre et l’accès à la nourriture est un combat quotidien. A leur retour, l’étendue de la contamination les a également choqués. HI a déminé le village l’année dernière. De nombreuses familles se souviennent encore du travail que nous avons effectué autour de leurs maisons. Plusieurs personnes nous ont remerciés à nouveau, même des mois plus tard. Elles continuent d’entendre parler d’accidents dans les zones voisines, ce qui leur rappelle que le danger est toujours bien réel. Ainsi, bien qu’il y ait des signes visibles de reprise et que davantage de personnes reviennent, on a aussi le sentiment que les communautés portent un fardeau de plus en plus lourd et ne peuvent pas se reconstruire seules. »

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