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Photo d'illustration : atelier de fabrication de prothèses au centre de réadaptation de Kunduz | © HI
La rééeducation avait permis à Asma de quitter son fauteuil roulant et de marcher à nouveau. Le programme a été fermé, elle est maintenant bloquée chez elle, sans moyen de payer ses soins.
Asma, âgée de 28 ans, est une déplacée interne depuis plusieurs années à Kaboul ; la situation financière de son foyer est très difficile. Elle possédait autrefois un salon de beauté, où elle travaillait, et faisait vivre sa famille.
Depuis qu’elle est en situation de handicap, elle n’est plus en mesure de travailler. La fin des services de réadaptation qui lui avaient permis de retrouver sa mobilité aggrave encore sa situation.
Asma était arrivée pour la première fois au centre HI en fauteuil roulant. Les séances de rééducation et les aides à la mobilité l’avait fait progresser : elle a commencé à marcher avec deux béquilles, puis avec une seule, et enfin elle a été capable de marche de façon autonome sur plusieurs mètres. Elle raconte que l’équipe lui a apporté un soutien moral en plus des soins, ce qui l’a aidée à retrouver espoir.
Mais Asma a récemment souffert de complications, notamment des blessures aux pieds et des problèmes de diabète.
Depuis la fermeture du programme il y a quelques mois, elle n’a trouvé aucune alternative. Ses proches et ses amis ne peuvent pas la soutenir car ils sont eux aussi très modestes, et obtenir de petits prêts n’est pas viable sans revenu.
Un hôpital privé a refusé de la soigner, de réparer ses béquilles et de lui fournir de la kinésithérapie sans paiement préalable. Sa famille a dû vendre la plupart de ses biens ménagers pour payer les soins et il ne lui reste plus rien.
Les frais de santé empiètent désormais sur l’alimentation, l’éducation et les autres besoins de base, et cette pression crée des tensions à la maison.
« Je suis désespérée. C’est devenu insurmontable et j’ai pensé au suicide. Pour l’instant, je reste simplement chez moi à attendre, parce qu’il n’y a plus d’espoir, plus de services et plus d’aide. Ma santé se dégrade. »
Son message aux décideurs politiques est le suivant :
« Les décisions en matière d’aide devraient respecter les droits à la santé, à l’éducation et aux moyens de subsistance, et les personnes handicapées devraient être prioritaires pour les services de santé et de réadaptation. »
HI est une organisation de solidarité internationale indépendante et impartiale, qui intervient dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes. Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et des populations vulnérables, elle agit et témoigne, pour répondre à leurs besoins essentiels, pour améliorer leurs conditions de vie et promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.
Là où sévissent les conflits, les catastrophes naturelles, la pauvreté et l’exclusion, nous travaillons aux côtés des personnes handicapées et des populations vulnérables pour améliorer leurs conditions de vie.